
Nous avons vu dans un précédent article que le TDAH repose sur trois grands symptômes : l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité. Mais concrètement, à quoi ces symptômes ressemblent-ils au quotidien ? Et surtout, à partir de quand faut-il s'inquiéter et consulter ? Voici des repères concrets pour vous aider à y voir plus clair.
Les signes d'inattention :
attention difficile à soutenir sur une durée un peu longue, même sur une activité qui intéresse l'enfant,
oublis fréquents (affaires, consignes, rendez-vous),
enfant facilement distrait par ce qui se passe autour de lui,
difficulté à organiser son travail ou son matériel,
travail inachevé, erreurs d'étourderie, impression de « ne pas écouter » quand on s'adresse à lui.
Les signes d'hyperactivité / instabilité psychomotrice :
besoin presque constant de bouger, difficulté à rester assis ou en place,
agitation motrice visible (se lève, gigote, manipule des objets) ou plus discrète (jambe qui bouge sans cesse),
impression de « moteur qui tourne toujours », y compris dans des moments qui demandent le calme,
parle beaucoup, souvent de façon difficile à canaliser.
Les signes d'impulsivité :
difficulté à attendre son tour, dans un jeu comme dans une conversation,
réponses données avant la fin de la question, interruptions fréquentes,
actions engagées sans anticiper les conséquences,
faible tolérance à la frustration, réactions parfois disproportionnées face à l'attente.
Ces signes peuvent s'exprimer différemment selon les contextes : un enfant peut sembler plus contenu à la maison et beaucoup plus débordé en classe, ou inversement. C'est justement cette variabilité de contexte qui fait partie des critères à observer.
Un enfant agité un jour de fatigue, ou distrait pendant une période difficile, ne signifie pas automatiquement un TDAH. Pour que ces signaux soient réellement évocateurs, plusieurs conditions doivent être réunies :
au moins 6 signaux d'alerte doivent être constatés dans l'un au moins des 3 grands symptômes (inattention, hyperactivité, impulsivité),
sur une durée d'au moins 6 mois,
dans au moins 2 environnements différents (par exemple à la fois à la maison et à l'école),
avec un réel impact sur le quotidien de l'enfant : sur sa scolarité, ses relations sociales, la vie à la maison, ou sur le plan psychologique (estime de soi, frustration, sentiment d'échec).
C'est la combinaison de ces critères — et pas un seul comportement isolé, à un seul moment, dans un seul lieu — qui oriente vers une suspicion de TDAH justifiant un avis spécialisé.
Les premiers signes peuvent être observés dès l'âge de 3-4 ans. À cet âge cependant, l'agitation et les difficultés d'attention font aussi partie du développement normal de l'enfant, ce qui rend toute évaluation délicate et incertaine.
C'est pourquoi, dans la plupart des recommandations, le diagnostic n'est généralement pas posé avant 6-7 ans, au moment de l'entrée dans les apprentissages scolaires structurés, qui permet de mieux distinguer ce qui relève du développement normal de ce qui relève d'un trouble avéré. Avant cet âge, on parle davantage de vigilance ou de suspicion clinique que de diagnostic à proprement parler.
Si plusieurs de ces signaux sont présents, de façon répétée, dans plusieurs environnements, et qu'ils ont un impact réel sur le quotidien de l'enfant, il est recommandé de :
ne pas rester seul(e) face à ces observations : en parler avec les autres adultes qui entourent l'enfant (enseignant, autre parent) pour confirmer que les difficultés se retrouvent bien dans plusieurs contextes,
consulter un professionnel de santé (médecin traitant, pédiatre, pédopsychiatre, neuropédiatre) qui pourra orienter, si besoin, vers un spécialiste (psychomotricien, psychologue, neuropsychologue, orthophoniste) pour une évaluation complète,
éviter l'auto-diagnostic : de nombreux troubles ou situations (anxiété, trouble du sommeil, haut potentiel, contexte de vie difficile) peuvent ressembler à un TDAH sans en être un.
Les signaux d'alerte s'organisent autour de 3 grands symptômes : inattention, hyperactivité, impulsivité.
Pour être réellement évocateurs, ils doivent se retrouver au moins 6 mois, dans au moins 2 environnements différents, avec un impact réel sur le quotidien.
Les premiers signes sont parfois visibles dès 3-4 ans, mais le diagnostic n'est en général pas posé avant 6-7 ans.
Seule une évaluation par un professionnel de santé permet de confirmer ou d'écarter un TDAH.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis professionnel individualisé. Si vous observez ces signaux chez votre enfant de façon répétée et sur la durée, un avis médical est recommandé.

Syriane Coolsaet | PSYCHOMOTRICIENNE
La Guilde des Traceurs | Programme en ligne

Programme en ligne créé par une psychomotricienne pour aider les enfants en primaire à améliorer leur écriture et la tenue du crayon.
Votre enfant entre dans la Guilde des Traceurs. Sa mission de l'année : Gribouille, une petite créature d'encre qui ne sait pas encore écrire. Il n'est plus l'enfant qui a des difficultés. Il devient celui qui enseigne.
Il passe du monde virtuel à la réalité !

Syriane Coolsaet
Je suis Syriane, psychomotricienne diplômée depuis plus de 10 ans et exerçant en cabinet auprès d’enfants présentant des difficultés d’apprentissages.
Ici, je partage des conseils pratiques pour accompagner les enfants du CP au CM2 dans leurs apprentissages scolaires.
Vous trouverez des articles sur l'écriture et le geste graphique, l'attention et la concentration, la mémoire et les méthodes pour "apprendre à apprendre" — à destination des parents, mais aussi des enseignants.